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MCP (Model Context Protocol) : définition

Par Liam Faucitano

MCP (Model Context Protocol)

Le MCP (Model Context Protocol) est un protocole ouvert qui standardise la manière dont un assistant IA se connecte à des outils et à des sources de données, comme un agenda, des fichiers ou un logiciel de gestion. Un outil adapté une fois au protocole devient utilisable par les assistants compatibles.

Avant MCP, chaque assistant IA avait sa propre manière de se brancher sur un agenda, un dossier ou un logiciel de gestion. Chaque connexion devait être développée pour un assistant donné, puis refaite pour le suivant. MCP fixe une règle commune pour ces branchements, ce qui change surtout une chose pour une entreprise : la question n’est plus « peut-on connecter l’IA à cet outil ? », mais « avec quels droits ? ».

Qu’est-ce que le MCP ?

Le MCP, pour Model Context Protocol, littéralement « protocole de contexte de modèle », est une spécification publique qui décrit comment une application d’IA découvre les outils disponibles, les appelle et récupère leurs résultats.

Un protocole est un ensemble de règles communes qui permet à deux logiciels de se comprendre sans avoir été conçus ensemble. Le « contexte » du nom désigne ce que l’assistant peut consulter ou utiliser pour répondre : un fichier, un rendez-vous, une fiche client, le résultat d’une recherche.

MCP a été présenté par Anthropic, l’entreprise qui développe l’assistant Claude, fin 2024. D’autres éditeurs l’ont ensuite pris en charge dans leurs propres outils. Il est ouvert : n’importe quel éditeur peut créer un client ou un serveur compatible sans demander d’autorisation.

Comment fonctionne MCP ?

MCP fonctionne sur un modèle client et serveur : l’application d’IA se connecte à des programmes appelés serveurs MCP, et chaque serveur présente ce qu’un logiciel sait faire.

Pensez à une prise universelle. Sans standard, chaque appareil demande son adaptateur. Avec une prise commune, tout appareil compatible se branche sur toute prise compatible. MCP joue ce rôle entre les assistants IA et les outils.

Les trois rôles

  • L’application d’IA, appelée hôte : l’assistant ou l’outil que vous utilisez, par exemple une application de bureau ou un éditeur de code.
  • Le client MCP, intégré à cette application, qui gère la connexion avec un serveur : l’application ouvre un client par serveur.
  • Le serveur MCP, qui expose les fonctions d’un logiciel. Il peut tourner sur votre poste ou à distance.

Chaque serveur décrit ce qu’il propose, parmi trois types de fonctions : des outils, c’est-à-dire des actions comme créer un rendez-vous ; des ressources, c’est-à-dire des données à lire comme un fichier ; et des modèles de consignes prêts à l’emploi.

Un échange, pas à pas

  1. L’application se connecte aux serveurs configurés et récupère la liste de ce qu’ils proposent.
  2. Vous demandez : « Suis-je libre jeudi après-midi pour un rendez-vous ? »
  3. Le grand modèle de langage choisit l’outil utile, ici la lecture de l’agenda, et demande à l’application de l’appeler.
  4. Le serveur interroge l’agenda et renvoie le résultat.
  5. Le modèle rédige sa réponse à partir de ce résultat.

MCP ne remplace ni le modèle ni le logiciel : il standardise l’échange entre l’application d’IA et le logiciel. C’est ce qui permet à un agent IA d’utiliser plusieurs outils de la même manière, dès lors qu’un serveur existe pour chacun.

Des exemples d’utilisation de MCP

MCP sert à donner à un assistant IA un accès encadré aux outils qu’une équipe utilise déjà.

  • L’agenda. L’assistant consulte les disponibilités, propose des créneaux et prépare une invitation, que vous confirmez avant l’envoi.
  • Les fichiers. Il lit les documents d’un dossier précis pour répondre à une question ou comparer deux versions d’un contrat.
  • Le CRM. Dans le CRM, c’est-à-dire le logiciel de gestion de la relation client, il retrouve l’historique d’un client avant un rendez-vous, ou prépare une note de suivi après un appel.
  • La base de données. Avec un accès en lecture seule, il répond à une question comme « quels clients n’ont rien commandé depuis six mois ? » sans que personne n’écrive de requête.

MCP ne s’oppose pas au RAG, la génération augmentée par récupération. Un serveur MCP peut très bien donner accès à une recherche documentaire de type RAG.

Intégration sur mesure ou MCP : ne pas confondre

Une intégration sur mesure relie un assistant précis à un outil précis, alors que MCP permet à tout client compatible d’utiliser tout serveur compatible.

Critère Intégration sur mesure MCP
Principe Un connecteur pour un assistant et un outil Un serveur par outil, pour les clients compatibles
Changer d’assistant IA Connecteur à redévelopper, en tout ou partie Le serveur reste utilisable
Ajouter un outil Nouveau développement Brancher un serveur existant ou en écrire un
Maintenance Une par couple assistant et outil Une par serveur
Maîtrise du comportement Complète, mais tout est à coder Limitée à ce que le serveur expose
Sécurité À concevoir à chaque fois À vérifier serveur par serveur

MCP n’est pas toujours la bonne réponse. Pour un échange de données simple et figé entre deux logiciels, un connecteur classique, sans IA, reste plus prévisible.

Quels sont les risques de MCP ?

MCP standardise la connexion, pas la confiance : chaque serveur branché élargit ce que l’assistant peut lire et faire.

  • Les droits accordés. Un serveur connecté avec un compte administrateur donne à l’assistant les pouvoirs de ce compte. Si le modèle se trompe, l’erreur a la portée de ces droits.
  • Les contenus qui détournent les consignes. Un mail, une page web ou un document lu par l’assistant peut contenir des instructions cachées, écrites pour lui faire faire autre chose. Plus l’assistant a d’outils, plus les conséquences possibles sont larges.
  • Les serveurs non vérifiés. Un serveur MCP est un programme. Récupéré sur une source inconnue, il peut collecter des données, ne pas faire ce qu’il annonce ou contenir des descriptions d’outils piégées.
  • L’accumulation discrète. Chaque serveur ajouté par un salarié sans que personne le sache est une porte de plus vers les données de l’entreprise.

Les garde-fous sont connus. N’installez que des serveurs publiés par l’éditeur du logiciel ou relus par une personne compétente. Donnez des droits minimaux : un compte dédié, un périmètre limité, la lecture seule d’abord. Quand l’application propose de confirmer chaque action avant exécution, gardez cette option active.

Ce que ça change pour une PME

MCP rend plus simple le branchement d’un assistant IA sur les outils qu’une PME utilise déjà, ce qui fait passer la question de la technique à la gouvernance.

Lors du choix d’un logiciel, une question devient utile : existe-t-il un serveur MCP officiel, publié par l’éditeur ? C’est un indice que l’outil pourra dialoguer proprement avec les assistants que vous utilisez ou utiliserez.

Commencez petit : un serveur, en lecture seule, pour un usage précis, avec une personne qui tient la liste de ce qui est branché. Les vraies décisions ne sont pas techniques : quelles données l’assistant peut voir, quelles actions il peut lancer, et qui valide. Le glossaire de l’IA reprend en quelques lignes les autres notions de cette page, de l’agent IA au RAG.

À retenir

  • Le MCP (Model Context Protocol) est un protocole ouvert qui standardise la connexion entre un assistant IA et des outils ou des sources de données.
  • MCP a été présenté par Anthropic fin 2024, puis pris en charge par d’autres éditeurs.
  • Dans MCP, l’application d’IA se connecte à des serveurs MCP, et chaque serveur expose les fonctions d’un logiciel.
  • MCP standardise la connexion, pas la confiance : chaque serveur ajouté élargit ce que l’assistant peut lire et faire.
  • Les garde-fous de base sont des serveurs de source connue, des droits minimaux et une confirmation avant les actions sensibles.

Questions fréquentes

Qui a créé le protocole MCP ?

Le protocole MCP a été présenté fin 2024 par Anthropic, l'entreprise qui développe l'assistant Claude, sous la forme d'un standard ouvert. D'autres éditeurs d'assistants et d'outils d'IA l'ont ensuite pris en charge, ce qui en a fait une référence courante pour connecter un assistant à des outils.

Quelle différence entre MCP et une API ?

Une API, ou interface de programmation, est la porte d'entrée technique propre à un logiciel, avec ses propres règles. MCP est une manière commune de présenter des outils à un assistant IA, quel que soit le logiciel derrière. Un serveur MCP s'appuie souvent sur l'API existante : il ne la remplace pas, il la rend utilisable par un assistant.

Un serveur MCP est-il sans risque ?

Non. Un serveur MCP donne à l'assistant les droits qu'on lui a confiés, et un serveur mal écrit ou malveillant peut faire sortir des données ou déclencher des actions. Installez seulement des serveurs de source connue, de préférence publiés par l'éditeur du logiciel, avec des droits limités et une confirmation avant chaque action sensible.

Faut-il être développeur pour utiliser MCP ?

Pas pour utiliser des connexions déjà prêtes : certains assistants permettent d'ajouter un connecteur depuis leurs réglages. Créer un serveur MCP pour un logiciel interne demande en revanche un développeur. Dans les deux cas, choisir les droits accordés reste une décision de l'entreprise, pas un détail technique.